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Sexualité et Cancers par Dr Jeanne Diaw, sexologue

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Les signes sexuels que peuvent ressentir une femme vivant avec le cancer
Au niveau du Désir et de l’excitation sexuelle, la femme peut présenter une diminution de la fréquence et de la qualité des activités sexuelles, une diminution ou une absence de désir sexuel, une sécheresse vaginale, une diminution du sentiment d’être excitée sexuellement
Au niveau de l’Orgasme, la femme peut présenter un délai prolongé ou une absence d’excitation sexuelle, une diminution de l’intensité de l’orgasme

Mastectomie
La chirurgie qui consiste à enlever le sein s’appelle la mastectomie. Se présentent aussi asymétrie du à l’ablation du sein, cicatrices parfois associé à perte de cheveux, gain ou perte de poids
Elle a un impact sur :
–  l’image corporelle à cause de la symbolique du sein,  la féminité et la maternité
–  l’image de soi liée à perception de peur du partenaire ce qui entame la confiance en soi
–  la perte de confiance en soi entraîne à son tour le sentiment de rupture affective dans la relation du couple
« Il me manque quelque chose  (un sein qui n’a jamais été nommé) mais puisque mon mari comprend, cela ne me gêne pas »
De nouvelles inquiétudes sur les pratiques sexuelles peuvent survenir, suite à l’opération et modification des sources d’excitation sexuelle liée  des questionnements sur la santé sexuelle: « Est-ce que le fait de sucer le sein peut faire cela », « j’ai peur d’une infection lors de contacts oro-génitaux c’est-à-dire  entre la bouche du partenaire  et le sexe de la femme»,  « j’ai peur des infections si lubrification avec la salive ».
Selon les études, la baisse de la satisfaction sexuelle apparaît  5 mois après la mastectomie[1]. Ailleurs, La baisse du désir sexuel est apparue deux à trois ans après[2].

Hystérectomie
Parmi toutes ces pratiques sexuelles suivantes,  ce qui est significatif entre un groupe de femme avec un cancer de gynécologue comparé à groupe de femme indemne de ce même cancer, ce groupe présente  moins de désir sexuel, moins de pratique de masturbation, ont plus envie de caresses génitales par le partenaire, ont  moins envie de différentes positions pendant le coït,  obtiennent moins l’orgasme pendant le coït, ont une baisse du plaisir  pendant l’orgasme, des relation sexuelle avec le partenaire moins satisfaisante, moins de satisfaction après une activité sexuelle,  plus de sentiment de frustration après l’activité sexuelle, moins de pratique de sexe oral pendant la maladie. L’anxiété est fondée sur un éventuel dommage qui pourrait être causé au partenaire sexuel, comme celle de transmettre le cancer[3].
La chirurgie a un impact  sur le pelvis, la radiothérapie sur les membranes du vagin, la chimiothérapie sur la muqueuse vaginale et les vaisseaux sanguins. Il s’en suit une atrophie du vagin, une baisse de la lubrification du vagin, une fibrose qui limite la pénétration vaginale. . La femme, quel que soit son âge, peut associer une perte de ses organes génitaux à la perte de sa féminité
La ménopause naturelle peut provoquer une atrophie vulvovaginale, un rétrécissement au niveau du vagin. La ménopause dans le cancer est brutale. Le changement du taux des hormones y est plus intense et/ou plus prolongée. Il y a une sécheresse  vaginale chronique, un inconfort vaginal et une douleur sexuelle[4]. L’aménorrhée ou l’arrêt définitif des règles crée la  peur de ne pas avoir d’enfants et d’autres part le choix de rapports avec préservatifs s’impose lors de la chimiothérapie par peur d’une infection ou d’une grossesse.
Il peut se présenter une diminution du contrôle urinaire (incontinence) ou des pertes des selles. Ces effets secondaires ont un impact sur la sexualité et le couple.

Le traitement hormonal
Certaines femmes ont une baisse du désir sexuel jusqu’à l’arrêt des rapports sexuels lié au cancer. Prenons le cas de la tamoxifène: il entraîne une baisse de la concentration d’œstrogènes  qui explique une  baisse du désir sexuel s’il existe pendant le traitement[5]. Certaines  femmes ont vu leur sexualité s’améliorer pendant le traitement hormonal, de même que la satisfaction de leur vie avec leur partenaire[6].

La chimiothérapie.
Les effets secondaires communs à presque toutes les molécules de chimiothérapie peuvent entraîner alopécie, fatigue, nausées, altération du goût et de l’odorat, sécheresse cutanée et des muqueuses. Tous ces signes ont un impact la vie intime et / ou de couple. Les effets sur l’appareil gynécologique tels que la sécheresse vaginale, les changements dans le cycle menstruel ou aménorrhée, les démangeaisons génitales, l’écoulement vaginal et saignement vaginal anormal,  la modifications des seins, la sensibilité mammaire, gynécomastie chez l’homme ( apparition de glandes mammaires) ont un impact la vie intime et / ou de couple et gêner la vie sexuelle. La fertilité de la femme en âge de procréer est affectée de même.

Le rôle du partenaire dans le maintien de la vie sexuelle chez la femme
Il est essentiel d’inclure le partenaire de la patiente pour évaluer la difficulté sexuelle chez chaque individu et les réactions du partenaire. Le partenaire joue un rôle dans la sexualité de la femme qui vit avec un cancer. Chez certaines patientes, la maladie a entrainé un changement au niveau de la fréquence des rapports sexuels, chez d’autres, les activités sexuelles  et les comportements érotiques, ont été maintenus. Avec le temps la qualité de vie et relationnelle avec le partenaire  s’améliore[7]. L’empathie du partenaire joue un rôle important dans le bien-être psychologique des femmes après mastectomie. La qualité relationnelle du partenaire est le plus important prédicteur de satisfaction sexuelle[8] « Nous étions mieux sexuellement quand elle était en forme, même par rapport à ma deuxième épouse, je me suis bien occupée d’elle ». Ailleurs le  refus de rapports sexuels du mari par peur de contaminer la deuxième épouse est présent.

Un sexologue peut vous aider avec:
–        Un travail sur l’impact émotionnel (alternance tristesse, colère, culpabilité, peurs et vulnérabilité face à l’inconnu, le manque de motivation)
–       Un travail sur la perception, pour la femme, de son attractivité sexuelle en lien avec l’image du corps et l’estime de soi
–        Un travail sur la qualité de la relation et de la communication avec le partenaire (contre l’évitement, repli sur soi, conflits) et l’écoute active
–      La connaissance des troubles sexuels et l’anxiété de performance avant et pendant les activités sexuelles
–        Un travail sur les modes d’excitation sexuelle ainsi que sur les stimuli sexuels (retour à la sensualité et augmentation du répertoire sexuel, une découverte de la sensualité qui renvoie aux capacités sensorielles de tout corps, soit le plaisir éprouvé au moyen de l’un et/ou de l’autre des cinq sens.
–        La redéfinition de l’intimité sexuelle (partager les avances et initiatives sexuelles)
–  Les connaissances des représentations sur la sexualité (contre les fausses croyances, pessimisme sur la reprise sexuelle)
–        Le traitement médical des troubles sexuels
–        Le traitement des troubles sexuels du partenaire
–        Une orientation vers des spécialistes en cas de troubles urinaires, une dépression

 

Source:votresante-magazine

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