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Non, le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) n’est pas responsable des difficultés de « Skimikamiya Industries »

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[COMMUNIQUE]- Il est apparu dans la presse en ligne des articles et des contributions à propos de l’inventeur d’armes « made in Sénégal » qui serait ruiné et serait dans des difficultés majeures du fait du non versement de la subvention du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI). Ce qui menacerait la survie de «Skimikamiya Industries» dans laquelle le MESRI n’est ni actionnaire, ni associé. Depuis quand la survie d’une industrie privée dépend de la subvention de recherche d’un Etat.

Selon ces articles et contributions, M. Ba aurait « porté SEUL le Sénégal dans le cercle restreint des pays détenteurs de la technologie très convoitée de fabrication de roquettes » ; donc sans soutien. Ils insistent sur les sacrifices de M. Ba et la contribution de l’armée et semble jeter la responsabilité de cette situation sur le MESRI. Seulement, ils auraient dû se rapprocher du MESRI pour ne serait-ce que tenter d’en savoir plus. Savent-ils comment le laboratoire qui a permis à M. Ba d’avoir des résultats a été monté ? Et qui l’a financé ? Combien cela a coûté ?

Avant d’en venir au fait, il faut d’abord rappeler qu’il n’est pas dans les prérogatives du MESRI, encore moins dans ses missions de financer une industrie. Le MESRI finance la recherche et l’innovation à travers le Fonds d’Impulsion de la Recherche scientifique et technologique (FIRST). L’Etat dispose d’autres mécanismes pour accompagner les industries, mais ce n’est pas le rôle du MESRI.

Cette précision faite, il convient de porter à l’attention de l’opinion que le MESRI a très tôt pris conscience des enjeux de ce projet de recherche et lui a aussitôt apporté son soutien sur le volet recherche qui le concerne.

C’est par lettre en date du 9 septembre 2013 que M. Serigne Mactar Ba a saisi le MESRI pour présenter son projet et solliciter une subvention afin de réaliser « la phase finale de recherche et développement du système de propulsion et de balistique ».

Le MESRI dispose d’un mécanisme de financement à travers le Fonds d’Impulsion de la Recherche scientifique et technologique (FIRST) qui est un fonds compétitif octroyant des subventions d’au maximum 20 millions à des chercheurs à l’issue d’un appel à candidatures.

Cependant, conscient du caractère stratégique du projet de M. Ba, le MESRI décide de lui octroyer une SUBVENTION EXCEPTIONNELLE à travers un contrat de partenariat signé en avril 2014 entre le MESRI, le Ministère des Forces armées et M. Ba, porteur du projet.

A travers ce contrat, le MESRI a octroyé au projet de recherche (et non à M. Ba) la somme de 75 millions de francs CFA entièrement versée dans un compte ouvert au nom de l’Armée et destinée UNIQUEMENT à la recherche (achat des machines-outils, logistique, installation du laboratoire de recherche et production de prototypes expérimentaux). C’est grâce à cette subvention que le laboratoire ayant permis les travaux de M. Ba a été mis en place.

Ce montant constitue de loin la plus importante somme jamais octroyée à un projet de recherche par le MESRI et dépasse même le montant qui est donné au lauréat du Grand Prix du Président de la République pour les Sciences. Ce qui témoigne de l’intérêt porté à ce projet par le MESRI.

Pourtant aucun article, aucune contribution et même les interventions de M. Ba dans la presse et dans les réseaux sociaux ne parle jamais ni fait référence à cette subvention de l’Etat du Sénégal à travers le MESRI. Pour quelles raisons ?

Par ailleurs, il n’était pas prévu de seconde phase ou de prolongation pour le projet. Mais suite aux résultats obtenus, les parties se sont félicitées du succès et ont décidé de continuer la collaboration à travers un nouveau contrat signé en octobre 2015 pour lequel le MESRI s’est engagé à financer « l’étude de l’amélioration de la lance-roquettes multiples et la conception d’un véhicule blindé de combat » pour un montant de 100 millions de FCFA.

Comme dans le premier contrat, la subvention du MESRI sert UNIQUEMENT à la recherche et pas à autre chose. Cependant, pour des raisons administratives et par soucis d’équité, les ressources destinées aux subventions du FIRST ont, en priorité, été mises à la disposition des projets sélectionnés à l’issue de l’appel à candidature en 2016.

Cependant, le 31 mai 2017, suite à une saisine de M. Ba en date du 3 avril 2017 sur ses difficultés, le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation l’a invité à une séance de travail en compagnie de l’équipe qui suit le projet au niveau de l’Armée pour « faire le point sur le projet et examiner ensemble les modalités de mise en œuvre d’une deuxième phase ».

Au cours de cette audience tenue le 8 juin 2017 en présence d’un représentant de l’armée, la question de la situation sociale de M. Ba avait été posée et devait être prise en charge par d’autres mécanismes.

Mais pour ce qui est du volet recherche-développement qui engage le MESRI, il avait été clairement signifié à M. Ba que ce projet ne pouvait plus continuer dans sa forme d’alors. En effet, le projet nécessitait l’implication non seulement de plusieurs disciplines scientifiques mais également il exigeait la disponibilité d’importantes ressources financières non mobilisables dans un budget classique. Il convenait alors de l’ouvrir à d’autres chercheurs pour le rendre plus intégral et plus inclusif. Ainsi, il a été demandé à M. Ba d’élaborer et de proposer un nouveau projet plus inclusif que le MESRI porterait au plus haut niveau pour sa réalisation. Ce projet n’est pas encore, à ce jour, mis à la disposition du MESRI afin de permettre d’envisager la poursuite de la recherche qui, du reste, est de son ressort et relève de sa responsabilité.

Pour conclure, le MESRI a compris, depuis qu’il en a été saisi, les enjeux de ce projet et lui a apporté un soutien inédit qu’il n’a jamais apporté à aucun autre projet de recherche. Il est, cependant, clair que les enjeux dépassent une personne et concerne un domaine stratégique qui exigent des principaux acteurs, notamment au principal porteur du projet, plus de responsabilité, de retenue et de sens patriotique. En tant que ministère en charge de la recherche et de l’innovation, le MESRI continuera à appuyer le volet recherche du projet, mais dans une nouvelle forme à définir eu égard à la multidisciplinarité du projet comme il a été discuté lors de l’audience du 8 juin 2017.

Donc, bien que sensible aux problèmes sociaux personnels de M. Ba, le MESRI ne peut pas être tenu responsable des difficultés « Skimikamiya Industrie » car son rôle dans ce projet est d’accompagner la recherche et l’innovation et il l’a déjà fait en lui octroyant 75 millions de FCFA. La suite dépendra de la disponibilité du nouveau projet multidisciplinaire demandé à M. Ba.

Par le MESRI

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