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Laure Tall, Chercheure: « A famille égale, à éducation égale, il est mieux d’être un homme qu’une femme dans la société sénégalaise »

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« Dans le domaine de l’agriculture, les femmes sont souvent les laissées- pour-compte… »

« Je pense que la position que j’ai ne me permet pas d’avoir une vue exhaustive de la situation des femmes et des jeunes filles au Sénégal. Ce dont je peux parler, c’est mon domaine, celui de la recherche et peut être un peu plus largement de l’agriculture. Une chose est sûre, il y a beaucoup d’efforts qui sont faits pour l’agriculture mais ces efforts ne sont pas spécifiquement dirigés vers les femmes.

Les femmes et les jeunes filles sont souvent les laissées-pour-compte. Elles ont les terres les moins fertiles, le moins d’outillages et les moins bonnes semences. Elles s’occupent des spéculations qui sont les moins rentables et elles sont les plus vulnérables. En ce qui concerne la recherche, c’est peut-être plus difficile pour nous les femmes d’être dans ce domaine qui est très masculin. »

Les pressions sociales sur les femmes

«  C’est à nous, de nous libérer de ces pressions… »

« Il y a un préjugé négatif envers les femmes. Lorsqu’on est une femme, on doit souvent faire plus qu’un homme pour arriver au même résultat, pour être perçue de la même façon. Je sens un poids de la société, une pression de la société et je pense que c’est à chacune de nous de nous libérer de ces pressions.

A famille égale, à éducation égale, à arme égale il est mieux d’être un homme qu’une femme dans la société sénégalaise. Je rêve d’une société où l’égalité est vraiment dans les esprits. Pour une même action qu’on soit un homme ou une femme qu’on arrive au même résultat.

Une chose est sûre, il y a beaucoup d’efforts qui sont faits pour l’agriculture mais ces efforts ne sont pas spécifiquement dirigés vers les femmes

Les choses sont peut-être en train de changer et les exemples de femmes qui réussissent, de femmes fortes peuvent encourager les générations qui arrivent à dépasser ces barrières dues à leur sexe.  De façon générale, je dirais qu’au Sénégal, la position de femmes amène un niveau de difficulté supplémentaire quand on veut réussir au niveau professionnel. »

La solidarité entre les femmes

«  Si on arrive à se soutenir les unes les autres, on devrait arriver à faire avancer la cause des femmes… »

« On parle souvent des femmes comme n’étant pas solidaires, surtout dans nos sociétés, où on dit souvent qu’il y a de la jalousie entre les femmes. Je pense qu’il faut plus de solidarité. Il faut être capable quand on a monté un échelon de se retourner et d’aller chercher une autre femme pour qu’elle puisse gravir l’échelon avec nous.  Si on arrive à se soutenir les unes les autres, on devrait arriver à faire avancer la cause des femmes. »

La condition des femmes dans le débat politique

«  Sur les questions structurelles, les femmes ne sont pas vraiment prises en compte… »

« Au niveau politique, je n’ai pas l’impression que la question des femmes soit vraiment prise en compte. Je me demande si le genre n’est pas un saupoudrage que les politiques amènent de temps en temps. Sur les questions de fonds, les questions structurelles, les femmes ne sont pas vraiment prises en compte.

Lorsqu’on est une femme, on doit souvent faire plus qu’un homme pour arriver au même résultat

Dans le domaine de l’agriculture, il y a eu énormément d’investissements qui ont été faits mais des investissements qui sont spécifiques aux femmes très peu alors qu’elles représentent une part très importante du monde rural.  Ce sont les soutiens de familles dans les sociétés agricoles et politiquement on ne voit pas grand-chose pour elles.  Dans nos pays africains, on dit souvent que si on arrive à améliorer la condition des femmes, on va vraiment améliorer le développement du pays, ce sont des paroles, mais comment passer des paroles aux actes, je ne l’ai pas encore vu. »

Recommandations pour le bien être des femmes

«  Une des choses qui freine beaucoup le développement économique des femmes, c’est le manque de financement… »

« Je pense que l’une des choses qui freine les femmes au niveau économique, c’est l’accès au financement. Comment faciliter l’accès au financement pour les femmes dans le domaine de l’agriculture et dans d’autres domaines ?

Il faut être capable quand on a monté un échelon de se retourner et d’aller chercher une autre femme pour qu’elle puisse gravir l’échelon avec nous

Nous  savons que les femmes ont une tendance à rembourser, qu’elles ont plus de facilités à honorer leurs engagements que les hommes.

L’autre chose que je demanderais au prochain président de la République ce serait d’aller chercher les femmes, de mettre en place de politiques pour que les femmes soient aux postes clés.  Si on voit plus de femmes dans la société avec toute sorte de responsabilités et qui y soient arrivées par leurs compétences, cela va encourager l’ensemble des femmes. Cela changera peut-être la perception des hommes envers les femmes. »

Source: www.wathi.org

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