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La première femme pilote de l’armée sénégalaise

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La mise impeccable, la casquette bien vissée, le regard droit et le léger sourire qu’elle arbore traduisent une posture assez noble. Mame Rokhaya Lô, capitaine à la gendarmerie nationale, est la première femme pilote dans l’histoire des Armées sénégalaises. Après des études à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où elle a obtenu un master 2 en commerce et management, en 2011, elle s’est présentée au concours d’entrée à la gendarmerie, en 2012.

Admise sur titre, c’est-à-dire en tant que spécialiste en gestion, elle effectue deux années de formation. Affectée à sa sortie à la compagnie de Rufisque comme adjointe au commandant, capitaine Lô, ambitieuse, se présente à un concours ouvert pour former des pilotes dans la gendarmerie. A l’issue de cette « compétition », elle a été reçue pour entrer dans la troisième dimension : « acquérir des compétences pour piloter des avions ultra légers ». A partir des airs, la mission de la section aérienne de la gendarmerie consiste à participer à la surveillance du territoire national en aidant les unités au sol dans le renseignement par la vidéo, la photographie pendant de grands évènements comme la dernière élection présidentielle du 24 février 2019.

Persévérante, Mame Rokhaya Lô a été très tôt fascinée par la présence des forces de la gendarmerie durant la période du Grand Magal de Touba dans la sécurisation des personnes et des biens. Lorsque le désir de servir sous le drapeau est devenu plus ardent, grâce à des informations fournies par des camarades étudiants, le choix a été vite fait. Cela après avoir pourtant constitué un dossier pour le concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration (Ena). Ce pur produit de l’école publique sénégalaise a grandi et forgé son caractère de battante dans la banlieue de Dakar, précisément à Pikine.

C’est au lycée Limamoulaye qu’elle a décroché son baccalauréat série S2, en 2004. « Etre pilote, ce n’est pas évident. Comme nous le disons dans notre jargon, intégrer la « troisième dimension » n’est pas une sinécure, car il faut avoir de solides connaissances scientifiques et techniques, mais surtout travailler avec abnégation, avoir confiance en soi, être méthodique et persévérant dans le travail bien fait. Le pilotage est un travail où le respect des normes sécuritaires en suivant le canevas, la culture de la concentration sur son élément, sont des qualités essentielles pour devenir un bon pilote », indique-t-elle, sereine.

A l’endroit des filles qui aspirent à ce métier, elle conseille : « Elles doivent se dire qu’il n’y a pas de limites à se donner dans l’engagement, le culte du travail, parce que les filles et les femmes excellent dans des domaines où les hommes sont moins performants et vice-versa. Il suffit juste de ne pas avoir peur, de cultiver l’assurance en soi comme les femmes savent le faire au foyer, au sein du cocon familial. Le travail physique dans la formation ne doit pas rebuter les filles, car au Sénégal, comme partout ailleurs dans le monde, il y a des barèmes. Les femmes font le même parcours d’obstacles que les hommes et sont formées dans le même moule que leurs frères d’armes ». Malgré ses charges, en tant que femme capitaine, pilote, elle dit faire de son mieux pour concilier la vie professionnelle et la vie familiale. Il suffit juste, à ses yeux, de faire la part des choses et de bénéficier de la compréhension des parents et de la belle-famille qui prennent le relais dans l’environnement familial chaque fois que le devoir l’appelle.

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Commentaire

1 COMMENTAIRE

  1. Kelle fierté ai-je éprouvé du plus profond de moi. Nous étions dans une mm classe …. habitant la Cité Lobatt Fall. Jespere ke mes classmates la reconnaitront! Pikinoise rek. Fier de toi Daba . Khalifa Sow

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