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La coopération pour le développement des start-up d’Afrique

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« Ce qui est primordial, c’est de renoncer à la pensée linéaire qui consiste à croire qu’on peut développer l’Afrique à travers les ressources minières et autres ».

Moussa Sarr, directeur de Lab Lachine, un centre d’innovation numérique de Montréal (Canada) ne tarit pas de formules quand il s’agit de faire valoir son avis selon lequel le développement de l’Afrique passe aujourd’hui par les start-up.

« Le développement de l’Afrique ne se fera pas sans les start-up » qui, dit-il, s’inscrivent dans ce qu’il appelle « l’économie de la disruption » et qui transforme « littéralement » tous les marchés.

“L’Afrique doit déjà penser à bâtir l’industrie du génie afin d’avoir des start-up de qualité et de produire des développeurs que nous pouvons vendre à l’étranger”

Rachael Orumor, directrice générale de SoftDigital

Ce citoyen sénégalais s’exprimait à l’occasion d’un forum organisé à Montréal les 15 et 16 octobre 2018 par le cabinet Consultation Contacts Monde pour promouvoir le potentiel numérique africain et établir un pont entre le Canada et l’Afrique.

L’événement a notamment mis l’accent sur la meilleure façon pour l’industrie des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique de profiter, à travers des partenariats dynamiques, du nouveau contexte technologique mondial.

« Nous nous sommes rendu compte de ce que le secteur des technologies de l’information ici ne connaît pas les opportunités numériques africaines. Nous avons donc voulu sensibiliser les entreprises canadiennes sur ces opportunités », explique Karl Miville De Chêne, associé au cabinet Consultation Contacts Monde.

« Pourquoi des entreprises canadiennes ne travailleraient-elles pas de concert avec des entreprises tunisiennes pour répondre à un appel d’offres de la banque mondiale au Gabon ? », interroge-t-il pour illustrer cette collaboration recherchée.

Pour Rachael Orumor, directrice générale de l’entreprise technologique SoftDigital, ce pont entre le Canada et l’Afrique est d’autant plus nécessaire que le continent doit déjà penser à « bâtir l’industrie du génie afin d’avoir des start-up de qualité et de produire des développeurs que nous pouvons vendre à l’étranger ».

« Notre problème, ce n’est pas l’accès à la technologie, mais, c’est qu’on n’a pas une industrie de software (logiciels) », insiste-t-elle.

« La connaissance est insuffisante, car la plupart des développeurs que nous avons aujourd’hui n’ont pas étudié cette matière et l’ont apprise à la hâte. Nous avons besoin de commencer à bâtir notre compétence de façon structurée et à avoir une filière », martèle l’intéressée.

Iheb Beji, directeur exécutif de l’incubateur tunisien Medianet, s’appesantit sur l’importance d’un accompagnement qui devrait accélérer le rythme de croissance des start-up africaines.

« C’est le coaching. C’est très important. Il n’y a pas que le financement, il y a l’idée, l’accompagnement, l’accélération, avec comme finalité la volonté de réussir dans l’écosystème technologique », dit-il.

Pour autant, l’élan de créativité et d’innovation attendu des start-up africaines est forcément tributaire d’une variété de paramètres au rang desquels figure en bonne place l’existence d’un environnement technologique favorable.

D’où les réserves de Destiny Tchéhouali, professeur et chercheur en communication à l’Université du Québec à Montréal. Pour ce dernier, « la fracture numérique est évidente et même si on dit que la connexion n’est plus un défi, il y a encore un faible taux de pénétration de l’internet en Afrique ».

Toutefois, concède-t-il, en considérant le boom des marchés de smartphones, « l’Afrique a la plus grande marge de progression en matière d’utilisation de ces outils ».

Quoi qu’il en soit, pour encourager et faciliter cette coopération entre start-up étrangères et celles Afrique, Moussa Sarr travaille à la production de guides 4.0.

« Le guide 4.0 permet l’accès à l’information opérationnelle pour que les start-up étrangères puissent s’installer dans les pays africains facilement », explique-t-il. Ajoutant que « l’accès à l’information opérationnelle est très difficile pour quelqu’un qui ne connaît pas le marché africain ».

Durant le forum, celui-ci a brandi l’édition de ce guide destinée aux start-up canadiennes qui seraient intéressées par le marché sénégalais. Mais, « l’idée c’est de doter tous les pays africains de cet outil afin de les aider à profiter de la révolution technologique en cours dans le monde », a-t-il assuré.

Moussa Sarr est aussi convaincu que la « la transition numérique se fera avec du brain (cerveau) que possède l’Afrique » et pour cela, dit-il, la diaspora a un rôle prééminent à jouer dans le nouveau développement.

 

Source: SCIDEV

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